« En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! » C’était le slogan d’une campagne publicitaire du milieu des années 1970 au moment du premier choc pétrolier.

Des idées, il y en a eu par le passé. De beaux projets français ou européens, parfois très visionnaires, réalisés sous l’impulsion de dirigeants politiques et qui ont permis à la France de rester dans le haut du classement des pays les plus riches :

  • le Canal de Suez (construit entre 1859 et 1869),
  • le programme nucléaire français : Développement massif de l'industrie nucléaire française lancé en 1974. Cette année là, le nucléaire contribuait seulement pour 8% de l'électricité française.
  • Airbus (et le regretté Concorde) : Création d'Airbus en 1970,
  • le TGV : lancement du projet de TGV actuel en 1974,
  • Ariane : le programme Ariane est lancé en 1973,
  • le tunnel sous la Manche: décision de sa construction en 1986,
  • le Minitel : 1982 (en fin de vie, mais premier réseau télématique grand public et reconnu comme un succès commercial).
  • Le Rafale : programme lancé en 1988
  • le paquebot "France" : début de construction en 1957

Il existe de grands projets en cours, auxquels la France participe. Ce sont des projets européens ou internationaux :

  • Galileo : Lancement du projet en 2001
  • ITER : Lancement du projet en 1986
  • LHC : Lancement du projet en 1994

Certains de ces grands projets ont des impacts très positifs sur notre économie. Airbus vend énormément d'avions, ce qui crée de nombreux emplois en Europe. Le nucléaire nous permet d'avoir une électricité compétitive, peu carbonée et très peu dépendante des pays extérieurs. L'accès à Londres n'a jamais été si facile grâce à un triple accès par l'avion, le train et le bateau...

Voici une citation de Jacques Chirac, grand héritier du Gaullisme:

Nous devons tout faire pour la croissance (...) soutenir le pouvoir d'achat. Poursuivre la baisse de l'impôt sur le revenu et la baisse des charges. Permettre à celles et ceux qui veulent gagner plus de travailler plus. Donner plus de droits aux consommateurs. Développer la concurrence. Encourager l'exportation et renforcer notre présence sur les grands marchés émergents. Tout faire pour que cette croissance profite à l'emploi. (...) Les programmes des dernières décennies, comme le TGV, le nucléaire, Airbus ou Ariane, font encore la force de notre industrie. J'ai demandé au Gouvernement de lancer les projets industriels qui tireront la croissance de demain et nous permettrons d'accroître notre avance technologique.

Jacques Chirac, vœux du président de la République, 1er janvier 2005

Pourtant, depuis les années 90 et 2000, on ne peut pas dire que beaucoup de grands projets de l'ampleur du programme nucléaire ou d'Ariane aient été lancés...

Beaucoup d'homme politiques de droite, à l'image de Chirac voire même Sarkozy (!!!) se réclament du Gaullisme. L'une des principales caractéristiques du Gaullisme politique est le refus du libéralisme économique classique au profit d'une économie orientée par l'État en vue d'un développement volontariste (la planification, l'aménagement du territoire, les grands projets publics, le keynésianisme. etc.).

Cette politique ne peut pas avoir une vision de court terme de 2-5 ans comme aujourd'hui (et encore c'est souvent 1 à 2 ans...), mais plutôt 20 à 30 ans! Depuis les années 90, peu de nouveaux grands projets industriels ont été lancés en France, que ce soit sous des dirigeants de droite ou de gauche. Mais qu'aurait fait De Gaulle s'il était président aujourd'hui?

Par ces temps de "crise", un plan de relance de 34 milliards d'euros a été lancé. Il a servi à faire du saupoudrage à droite et à gauche (1000 projets!!!) dans une parfaite incohérence. Il est dommage que cela n'ait pas servi pour un vrai grand projet cohérent et ambitieux qui permet un vrai retour sur investissement mesurable.

Je n'ai pas d'idée correspondant à des projets relativement précis qu'étaient la fusée Ariane, le TGV ou le programme nucléaire de l'époque De Gaulle / Pompidou.

Cependant, ce qui me vient en premier à l'esprit serait un programme global visant à la quasi indépendance énergétique de la France en une vingtaine d'année. On l'a déjà fait pour l'électricité. Cela semble atteignable également pour le transport et le chauffage en utilisant les technologies existant déjà aujourd'hui. On a la chance d'avoir déjà toutes les cartes en main, ce serait dommage de ne pas les exploiter : la filière nucléaire, la technologie des voitures électriques (Renault / Nissan, Bolloré, Peugeot, Heuliez, ...), une forêt qui n'attend qu'à être correctement exploitée, du vent, les connaissances pour construire des bâtiments basses consommation, etc...

Cela aurait les effets positifs suivants :

  • Large amélioration de notre balance commercial
  • L'argent non gaspillé pour acheter des énergies fossiles est utilisé pour développer des emplois non délocalisables en France (dans l'industrie nucléaire, dans le secteur des énergies renouvelables, dans le bâtiment, ...),
  • Lutte contre le réchauffement climatique, et contre la pollution de l'atmosphère de nos villes
  • Fin des inquiétudes sur les variations du prix des énergies fossiles et leur futur tarissement.
  • Fin de la lutte de la France pour garantir son approvisionnement en énergies fossiles auprès des pays producteurs
  • Amélioration de l'efficacité énergétique globale de la France
  • Avance de la France dans les technologies nécessaire à cet objectif, ce qui permettra de les exporter par la suite

Cela aurait les effets négatifs suivants :

  • Augmentation des déchets nucléaires

Ce projet prendrait la forme d'un ensemble de mesures sur une vingtaine d'année. Il faudrait qu'il s'agisse d'un nombre de choix limités, assumés et développés avec forte volonté (c'est à dire à l'opposé du grenelle de l'environnement et ses centaines de mesures qui sont généralement très bonnes, mais peux lisibles et parfois abandonnées par manque de volonté, comme la taxe carbone) :

  • Généralisation progressive des voitures électriques par des incitations très fortes de bonus / malus sur les voitures hybrides et électriques (les 10 premières années), puis uniquement sur les voitures électriques,
  • Taxation conséquente, progressive, et planifiée à l'avance sur 20 ans des carburants pétroliers, du fuel et du gaz (cela revient à appliquer une taxe carbone progressive)
  • Réaffirmation du nucléaire (et des surgénérateurs) par le lancement de nouvelles centrales. Parallèlement, un renforcement des moyens des organismes en charge du contrôle de la sécurité,
  • Développement important de l'éolien (l'intermittence de l'éolien est peu gênante pour charger les voitures par exemple)
  • Développement de la filière bois et de la géothermie pour le chauffage, et des panneaux solaires thermiques pour le chauffage de l'eau
  • Isolation massive des bâtiments
  • Développement des agrocarburants (de manière mesurée) pour l'aviation et les camions.
  • Développement des smartgrids (compteurs intelligents, ...) pour gérer intelligemment l'énergie électrique qui servira pour les voitures et les habitations.

Les 2 axes sont donc :

  • Amélioration de l'efficacité énergétique (isolation des bâtiments + efficience des véhicules électriques)
  • Augmentation de la quantité d'énergie produite sans apports extérieurs (principalement électricité éolienne et nucléaire, et chauffage au bois + géothermie)

Il parait qu'il y a une élection en 2012. Est-ce que quelqu'un aura un vrai programme cette fois-ci?